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Présentation

La production halieutique marocaine a enregistré en 2015 une production de 1.288.948 tonne pour une valeur de 6,586 milliards de dirhams, accusant ainsi une hausse de 9% en termes de valeur par rapport à la même période de l’année précédente. S’agissant de la valorisation des ressources halieutiques, les entreprises de transformation et de valorisation des produits de la pêche ont exporté en 2015 près de 642 000 tonnes pour une valeur record de plus de 19 milliards de dirhams.

 

La production des industries marocaines de transformation des produits de la pêche et de l’aquaculture est très largement centrée sur des produits traditionnels, comme la conserve de sardine (dont le Maroc est premier exportateur mondial), les produits entiers congelés (sardines généralement destinées à la conserve, ou céphalopodes souvent simplement congelés en blocs) ou comme les farines et huiles, en majorité peu élaborées.

 

Les orientations stratégiques portées par le plan « HALIEUTIS » soulignent, tout particulièrement dans l’axe « compétitivité », l’importance de produits bien valorisés et compétitifs orientés vers les marchés les plus porteurs ; dans ce cadre, HALIEUTIS propose diverses mesures pour soutenir l’action des professionnels comme la création d’un outil de veille technologique et R et D ou comme le soutien aux projets de développement de produits innovants.

 

La présente étude vise à promouvoir et faciliter l’innovation dans le secteur pour, à la fois, mieux valoriser les produits de la mer, en améliorer la compétitivité et conquérir des parts de marché au niveau national et international.

 

L’innovation est en effet un paramètre stratégique clé dans le domaine des produits de la mer transformés.

 

L’innovation permet notamment :

  • de suivre les tendances de la consommation et particulièrement la demande de produits plus élaborés ou plus rapides et commodes d’emploi,
  • de se différencier de la concurrence et de débanaliser les produits vendus,
  • de développer ainsi les marchés existants ou d’ouvrir de nouveaux marchés,
  • d’accroître la valeur ajoutée des produits vendus,
  • de mieux valoriser la ressource en améliorant les rendements et en valorisant au mieux les co-produits.

Au Maroc, les industries de la pêche comptent environ 409 entreprises (2015): ce sont en grande majorité des PME et ces industries rencontrent des difficultés spécifiques pour innover :

  • Elles sont souvent en position de sous-traitance et n’ont que peu de liens directs avec les acheteurs de la distribution alimentaire ; il leur est donc plus difficile de détecter avant leurs concurrents les tendances de la consommation qui peuvent générer des pistes d’innovation ;
  • Ce sont généralement des petites et moyennes entreprises, sur des marchés très concurrentiels, pour lesquels les marges sont souvent faibles et ne permettent pas d’investissements en recherche et développement ou en lancement de produits ;
  • Le marché local restant très restreint, notamment pour des produits à valeur ajoutée, les entreprises n’ont pas la possibilité de tester et développer facilement une innovation sur leur marché propre avant de l’exporter ;
  • Les financements publics pour la recherche et développement privée sont difficiles à mobiliser,
  • Il y a peu de services recherche et développement structurés dans les entreprises et peu de compétences externes ou de services mobilisables ;
  • Etc.

C’est pourquoi, le Département des Pêches Maritimes du Ministère de l’Agriculture et de la Pêche Maritime du Royaume du Maroc a lancé l’étude intitulée « Etude sur le diagnostic, l’identification des opportunités et les perspectives de l’innovation des industries de la pêche au Maroc ».

 

Cette étude vise à créer les conditions pour que les entreprises du secteur puissent innover et développer des produits valorisants et à soutenir et aider des entreprises pilotes volontaires dans leurs démarches d’innovation.

 

L’étude a pour objectifs spécifiques de :

  • Réaliser un diagnostic du dispositif d’innovation, incluant à la fois les moyens internes aux entreprises, les moyens externes et le dispositif actuel de soutien à l’innovation. Cette étape visera à proposer des orientations pour améliorer le dispositif interne et externe d’innovation en incluant notamment formation, ressources R & D, promotion et soutien de l’innovation. Cette étape prendra notamment en compte les résultats d’un benchmark à l’étranger.
  • Réaliser un inventaire des innovations récentes qui sont applicables aux produits halieutiques marocains et aux industries marocaines de transformation : cette banque de données doit rassembler les pistes d’innovation possibles pour les entreprises marocaines de valorisation des produits de la mer.
  • Proposer une démarche à suivre par les entreprises pour conduire un projet de développement de produit innovant en maximisant ses chances de succès et son impact ; cette démarche sera mise en œuvre et un accompagnement des entreprises innovatrices tout au long de leur parcours sera réalisé.
  • Construire un plan de développement de l’innovation dans le secteur, structuré par grande filière, en mettant en évidence les besoins humains matériels et financiers nécessaires.
  • Lancer une action pilote d’une durée de 2 ans auprès d’entreprises volontaires, en mobilisant, en sélectionnant puis en accompagnant un groupe d’entreprises pilotes dans leur processus d’innovation, sur tous les aspects stratégiques de la conduite de leur projet.